Château du Pont d’Oye

Il était une fois le Pont d’Oye…

Blotti dans le secret des collines de la forêt d’Anlier, le château fut érigé avec une chapelle et un moulin en 1652 par Jeanne Petit, veuve de Pierre de Moustier, Maître de Forges du Pont d’Oye (Fourneau de Bouc) et de la Forge du Prince.

Seule à la tête de l’exploitation, Jeanne créa un véritable complexe industriel avec l’acquisition de La Platinerie de Bonnert en 1643, du Fourneau David de Châtillon en 1652 et de l’usine abandonnée de Luxeroth en 1653.

En 1656, elle obtint du Roi la cession absolue de la Forge du Prince avec droit de haute, moyenne et basse justice sur le domaine qui devint « Seigneurie du Pont d’Oye ».

La réussite sociale de Jeanne Petit fut prodigieuse, elle usa très adroitement de sa fortune, prêta de l’argent à la ville d’Arlon et aux villages voisins, fit restaurer et agrandir l’église de Habay, établit la Confrérie de la Miséricorde qui venait en aide aux démunis des environs…  Son travail, son sens de la gestion et de l’équité lui valurent la sympathie et le respect de chacun, elle fut la plus grande »Dame du Pont d’Oye ».  Laissant son âme à Dieu et son corps à la terre, elle décéda le 13 avril 1662.

Sa petite fille, Jeanne-Ursule, comtesse de Montecucculi, épouse du Marquis de Raggy, réussit à élever la Seigneurie au rang de Marquisat en 1669.  Leur petit-fils François-Laurent de Raggy ne se maria point.  La période d’intense prospérité des Forges (de 1700 à 1740) l’enrichit considérablement.  il fit aussi bon usage de sa fortune auprès des nécessiteux, l’ancienne église lui devant ses quatre clochetons.

En 1742, François-Laurent de Raggy légua tous ses biens à Charles Christophe de Bost-Moulin, mari de l’extravagante marquise Louise de Lambertye, célèbre pour la somptuosité de ses réceptions et le choix pointu de ses invités (voltaire fut l’un d’entre eux..)
Les compétences de gestionnaire du jeune marquis ne semblent pas avoir été à la hauteur de son immense héritage.

La pétillante marquise est restée célèbre pour ses fastueuses réceptions, ses « batailles d’oeufs frais » et autres jeux nautiques…
L’émotion que procurent musiciens, poètes et acteurs de qualité lui firent oublier le sens des réalités.  Son train de vie démesuré dissimulait la mauvaise gestion des industries, le marquis du vendre ses biens et la marquise termina ses jours dans une petite maison de Habay en 1773.

Inhabité depuis longtemps, le château fut  démoli par les Français en 1795.  En 1827, Monsieur de Wauthier construisit une demeure splendide sur l’emplacement des communs et des écuries.

Devenu propriété de la famille d’Hoffschmidt, l’endroit fut mis en valeur avec goût.
Constant d’Hoffschmidt était alors ministre des affaires étrangères et des travaux publics. Tandis qu’il mettait à exécution la ligne de chemin de fer Bruxelles-Arlon, il rendit espoir aux ouvriers de la région en installant une papeterie dans les bâtiments des forges qui seront inaugurés par le Roi Léopold I.
En qulques années, la papeterie devient une des plus importantes de la province utilisant les services de 300 employés.  Elle prospéra jusqu’en 1884.

En 1937, Pierre Nothomb racheta le domaine, il en fit un lieu de rencontre pour poètes et écrivains.  Il créa en 1937 avec l’abbé Laguerre, la célèbre Bénédiction de la Forêt qui réunit encore chaque année en septembre, quelques invités prestigieux, villageois, cavaliers et sonneurs de trompes de chasse.  Outre ses fonctions de Sénateur du Luxembourg, il fut conseiller communal de Habay et surtout, un écrivain brillant et intarissable.

Il fit du domaine un centre artistique où se côtoyaient peintres, musiciens, hommes de lettres et politiques.  La reine Elisabeth y fut reçue en 1954.  L’esprit du poète veille encore sur le domaine, tandis qu’il repose à quelques pas du château.

Une émotion intemporelle…

Devenu propriété d’une Sprl en 1965, le château du Pont d’Oye a connu d’importants changements d’actionnaires en 1999, lui donnant un nouvel essor tout en lui conservant son essence. Il reste un lieu de rencontre, où l’art est omniprésent.
Protégé par ses grands arbres centenaires, ce château de légende se mire inlassablement dans les eaux cristallines du lac et incite plus que jamais à la rêverie…

Les traces du temps imprégnées dans ses nobles pierres inspirent toujours grandeur et respect. En lisière des lacs, un sentier pavé d’écailles bleutées invite le promeneur à s’aventurer plus au loin à la découverte de cascades et des vestiges des anciennes forges. Ça et là, parmi les buissons de myrtilles, quelques sources fraîches jaillissent du secret des rochers de schiste… Chacune des 18 chambres au charme d’antan conserve quelques secrets pour qui saura les surprendre.

La Bénédiction de la Forêt

C’est d’ailleurs dans ce cadre somptueux que  par se déroule tous les ans, le dernier week-end de septembre la Bénédiction de la Forêt qui accueille des écrivains de renom ainsi que des expositions somptueuses sur la forêt et l’art de la chasse.

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